A Madagascar, la culture de la pomme de terre occupe une grande place dans l’agriculture. Cependant, elle est aujourd’hui en difficulté face à la recrudescence de maladies qui dégradent les rendements.Fert accompagne l’association Ceffel pour relancer la filière semences

 

Une filière de poids dans la culture malgache

La pomme de terre joue un rôle important dans l’alimentation malgache comme complément du riz lors de la période de soudure. C’est l’une des productions les plus porteuses économiquement pour les agriculteurs (marge brute avantageuse, marché encore large…). La production nationale atteint jusqu’à 500 000 t.

De plus, à Madagascar, la pomme de terre peut se planter :

  • En saison pluviale : d’octobre jusqu’en janvier-février ;
  • En saison intermédiaire : de janvier-février jusqu’en avril-mai ;
  • En contre-saison, sur rizière après riz : de juin jusqu’en septembre selon la disponibilité de la rizière.

La majeure partie des paysans malgaches cultivent la pomme de terre en contre-saison sur rizière ; il est en effet difficile de cultiver en saison des pluies et de lutter contre les maladies.

 

Des maladies ravageuses pour les cultures

En 2013-2014, pour contribuer efficacement à la résolution de ces problèmes, l’association Ceffel a développé des activités d’accompagnement technique et d’expérimentation autour de la multiplication de semences saines de pommes de terre. Différentes actions ont été réalisées dans les régions Vakinankaratra et Amoron’i Mania où se trouvent la majorité des producteurs de pomme de terre.

Des partenariats ont été noués avec les organisations paysannes de ces deux régions (VFTV dans la région Vakinankaratra et Fifatam dans la région Amoron’i Mania, dans les hautes terres centrales du pays) mais également avec le dispositif des FRDA présent dans ces deux régions afin de financer cette action.

 

 

Parmi les activités réalisées, on pourra souligner:

  • – L’octroi de semences saines au centre Ceffel d’Andranobe (Vakinankaratra) qui, une fois multipliées, sont diffusées au niveau des Organisations paysannes régionales spécialisées préalablement formées ;
  • – La conduite d’essais variétaux de pomme de terre en milieu paysan (12 essais dans la région Vakinankaratra, 13 essais dans la région Amoron’i Mania), afin de determiner la variété la plus performante dans chaque localité mais également pour réaliser une sélection de variétés avec les paysans ;
  • – La formation et l’accompagnement des paysans sélectionnés pour la multiplication de semences de pomme de terre pour les deux régions ;
  • – La conduite d’essais bio-pesticides (utilisation du purin de consoude, d’ortie, tanaisie ou encore d’absinthe) sur la culture de pomme de terre afin de réduire l’utilisation de pesticides ;
  • La technique de multiplication par bouture des germes a aussi été adaptée pour permettre un accroissement du taux de multiplication par plante mère.
L’année 2013-2014 a été une année pilote pour la relance de la filière semence pomme de terre dans ces deux régions productrices. A partir de 2015, cette action va s’étendre dans d’autres régions. En effet, les acteurs du groupe Fifata, appuyés par Fert, ont mis en place un projet de multiplication de semences de pomme de terre en se basant sur les actions réalisées par le Ceffel.