Du 4 au 9 octobre 2026, une délégation ivoirienne composée de trois agriculteurs et de trois techniciens de Fert Côte d’Ivoire s’est rendue au Burkina Faso pour une visite d’échange auprès de productrices et producteurs de niébé. Pendant cinq jours, ils ont partagé leurs expériences et leurs pratiques autour de cette légumineuse, mais aussi des services développés par les organisations de producteurs pour répondre aux besoins de leurs membres.
Le niébé au coeur des échanges
Dans la région du Kadiogo, les productrices et producteurs burkinabè ont présenté plusieurs initiatives développées au sein de leurs organisations : approvisionnement groupé en intrants, production de semences, production et vente de bio-intrants, conseil agricole, stockage, vente groupée ou encore transformation du niébé.
La délégation ivoirienne a notamment visité une parcelle d’essai de différentes modalités de fertilisation en milieu paysan menée par les productrices de niébé de Pabré. À Komsilga, elle a participé à une séance de transformation du niébé en biscuits et gâteaux, ainsi qu’à une action de sensibilisation à la gestion post-récolte animée par des productrices relais. Les échanges avec les producteurs semenciers ont permis de découvrir l’organisation de la production et de l’approvisionnement en semences de niébé mis en place par l’Union des SCOOPS.
Apprendre les uns des autres
Au-delà des techniques et des services, la visite a surtout permis aux producteurs des deux pays de confronter leurs expériences et de réfléchir ensemble aux réponses à apporter à des problématiques communes.
« Les partages d’expériences sont un bon moyen de résoudre certains problèmes communs. Aujourd’hui, on reçoit les producteurs ivoiriens, demain, nous pouvons aller là-bas pour trouver des solutions à certaines difficultés… »
Hamado OUEDRAOGO, président de l’Union des SCOOPS de Pissila
Pour les participants ivoiriens, la découverte de ces expériences a également permis de mieux comprendre le fonctionnement des organisations de producteurs burkinabè.
« Je suis captivé par l’esprit coopératif et par la bonne entente entre membres, élus et paysans relais qui connaissent chacun très bien leurs rôles. Cécile, la paysanne relais, est plus expérimentée qu’un agronome sur la santé des sols. Elle ne connait pas forcément le chiffre du pH de son sol mais sait comment faire pour savoir s’il est acide ou alcalin. J’ai vu une réelle volonté d’apprendre et de transmettre ».
Dolourou YEO, conseiller agricole au Nord de la Côte d’Ivoire.
Ces échanges ont aussi été l’occasion de partager des pratiques développées en Côte d’Ivoire.
« Le partage de l’équipe ivoirienne sur le stockage du niébé dans les bidons ainsi que les essais réalisés au CFAR – centre de formation agricole et rurale des Savanes – et en milieu paysan nous ont été très utile »
Zakaria SORE, Conseiller de l’OP de Pabré au Burkina Faso
Des échanges qui dépassent le niébé
La mission ne s’est pas limitée à la production de niébé. Les participants ivoiriens ont également découvert d’autres expériences développées avec l’accompagnement de Fert et de ses partenaires : un site agroécologique de référence à Komki-Ipala, une parcelle de référence d’une productrice relais à Tanghin-Dassouri et une activité de santé animale à Komsilga autour de la vaccination des volailles.
Ces visites ont alimenté les échanges et mené à d’autres sujets pour découvrir des initiatives qui peuvent nourrir les réflexions et les pratiques de chacun.
Les visites d’échanges Sud-Sud, un levier pour faire évoluer les pratiques
Cette mission illustre l’intérêt des visites d’échange Sud-Sud : permettre à des producteurs et à leurs organisations de se rencontrer, de partager des expériences concrètes et de découvrir des solutions développées dans un autre contexte mais qui peuvent répondre à des enjeux communs.
Pour être utiles et produire des effets dans la durée, ces visites doivent toutefois être préparées en amont, construites autour des besoins des participants et prolongées par des actions concrètes au retour. En Côte d’Ivoire comme au Burkina Faso, les échanges autour du niébé ont ainsi permis de mettre en commun des savoir-faire, de questionner certaines pratiques et de faire émerger de nouvelles pistes.

