En mai 2021, l’agri-agence Fert a organisé un webinaire sur l’agroécologie avec ses partenaires et équipes au Burkina Faso, au Kenya, en Côte d’Ivoire et à Madagascar. Ce webinaire a permis aux équipes malgaches et burkinabès de partager leur expérience des pratiques agroécologiques.

L’agroécologie constitue une réponse face au défi d’adaptation au changement climatique et d’augmentation de productivité nécessaire à la demande alimentaire. En s’inspirant des processus naturels présents dans les écosystèmes, les pratiques agroécologiques visent entre autres une gestion raisonnée de la fertilité des sols et une bonne gestion de la ressource en eau.

Au Burkina Faso

Le Burkina Faso fait face à des problèmes de dégradation des sols et de baisse de productivité. Depuis plus de 10 ans, trois organisations de producteurs de niébé accompagnées par Fert dans la région du Centre Nord (Scoops de Pissila, Dablo et Pensa) mènent des activités agroécologiques. La démarche consiste d’abord en un travail de sensibilisation des membres qui repose sur un outil illustré composé de 8 planches pédagogiques suscitant le débat entre les participants. Des solutions telles que l’utilisation de semences améliorées, la production de fumure organique, l’application des techniques du zaï, des demi-lunes et des cordons pierreux ont été discutées lors de ces réunions.

Pour susciter l’adhésion aux pratiques agroécologiques, les producteurs ont été impliqués dans la conception de l’outil illustré, l’animation des séances de sensibilisation, la conduite des champs écoles et l’organisation de visites d’échanges inter producteurs.

Malgré la pénibilité de leur mise en œuvre, ces pratiques ont été adoptées par de nombreux producteurs des trois Scoops Niébé qui observent une amélioration de leur rendement. D’autres producteurs voisins s’y intéressent par effet d’entrainement.

A Madagascar

Depuis 2006, l’organisation de producteurs Ceffel (association de conseil, expérimentation et formation en fruits et légumes) mène des actions pour promouvoir et diffuser de manière large les pratiques agroécologiques au sein du groupe Fifata. En partant des problématiques observées et discutées sur le terrain avec les producteurs, Ceffel met en œuvre des expérimentations suivies de démonstrations que ce soit au centre d’expérimentation ou en milieu paysan. Le partage de ces bonnes pratiques se fait ensuite via des paysans relais qui reçoivent des formations et le matériel leur permettant de former à leur tour leurs pairs. Le Ceffel favorise aussi la production de bio intrants (biopesticides, semences de plantes de services, lombrics, activateurs de compost, etc.) au sein des champs école pour en faciliter l’accès à tous.

Sur le terrain, Ceffel observe une diffusion rapide de ces pratiques auprès des paysans qui y voient un intérêt direct pour réduire leur dépendance aux intrants de synthèse dont les prix ne cessent d’augmenter. Les pratiques agroécologiques contribuent aussi à améliorer la résilience des producteurs et réduire les risques de pertes liées aux maladies et ravageurs et aux accidents climatiques.

Cet article est tiré de la Newsletter Afrique Subsaharienne n°21 “Changement climatique : comment l’agriculture peut-elle s’adapter ? “, réalisée par Fert.